«Infrastructures pour la mobilité et biodiversité» : 7 projets récompensés

« Infrastructures pour la mobilité et biodiversité » : sept projets récompensés
Eco-pont de Brignoles (Autoroute A8) du concessionnaire Escota. Lauréat dans la catégorie « continuités écologiques ».

Sept projets d’infrastructures écologiquement très performants ont été récompensés lors du quatrième concours « Infrastructures pour la mobilité et biodiversité », organisé par l’Institut des routes, des rues, et des infrastructures pour la mobilité (Idrrim). Objectif : mettre en valeur les meilleurs projets de préservation, de restauration et de valorisation de la biodiversité.

Cet événement annuel, initié par la convention d’engagement volontaire du 25 mars 2009 liant les professionnels de la mobilité avec le ministère de l’Écologie, récompense les initiatives prises par les acteurs publics et privés impliqués dans la conception, la construction, l’entretien et l’exploitation des infrastructures routières, ferroviaires, fluviales, ou liées aux voiries et aux aménagements urbains.

Cinq catégories

Signe du succès de l’épreuve, pas moins de 27 dossiers ont été reçus cette année issus des collectivités, de l’État, des entreprises, bureaux d’études, concessionnaires d’autoroutes, une association et un syndicat d’aménagement qui concouraient dans cinq catégories :

  • Grand paysage et biodiversité ;
  • Continuités écologiques ;
  • Sensibilisation et communication ;
  • Entretien et gestion des infrastructures ;
  • Projets mettant en œuvre le génie écologique.

« Paysage et Biodiversité »

Lauréat : projet « Aménagement du lido du Petit et du Grand Travers – commune de Mauguio-Carnon (Hérault) » porté par la société INGEROP Conseil et Ingénierie, en partenariat avec la Communauté d’agglomération du Pays de l’Or, maître d’ouvrage, et l’Atelier Alfred Peter, paysagiste.

Explications : Situé entre les communes de Mauguio-Carnon et de La Grande-Motte, le lido du Petit et du Grand Travers est une bande de sable d’environ deux kilomètres qui sépare l’étang de l’Or et la mer Méditerranée, soumise à des phénomènes d’érosion et à un recul de la plage. La RD 59 est considérée comme responsable de la fragmentation morphologique et biologique entre les deux massifs dunaires : la fréquentation excessive du lido entraînait une dégradation des habitats naturels d’intérêt communautaire, la dispersion des déchets et l’érosion des dunes. Ce projet ambitieux a consisté à supprimer la RD 59 avec une renaturation de son emprise et une reconstitution du réseau dunaire, afin de valoriser le patrimoine naturel, d’améliorer les conditions de stationnement, de déplacer la piste cyclable et de réorganiser les cheminements piétons.

« Continuités écologiques » 

Lauréat ex aequo : projet « Rétablissement de continuités écologiques sur réseau existant – Une méthode de hiérarchisation originale et transposable » porté par la Direction interdépartementale des routes de l’Est (DIR Est), en partenariat avec le CETE de l’Est et l’Atelier des territoires/INGEROP

Explications : La DIR EST a élaboré une méthode permettant d’identifier et de hiérarchiser les corridors écologiques rompus ou fragilisés par le réseau routier de l’État : 180 corridors grande faune pour la région Lorraine. Les critères de hiérarchisation (importance du couloir, collision, présence d’un autre passage utilisable à proximité, etc.) ont permis de présélectionner 41 corridors (16 avec ouvrage et 25  sans ouvrage) et de les hiérarchiser selon des critères techniques, écologiques et de sécurité.

Lauréat ex aequo : projet « Eco-ponts à haute fonctionnalité » porté par la société VINCI AUTOROUTES RESEAU ESCOTA, en partenariat avec les groupements MAIA-SONNIER et RAZEL-BEC

Explications : L’opération a consisté, dans le cadre du Paquet Vert Autoroutier 2009-2013, en la réalisation de deux éco-ponts, situés dans le Var, l’un sur l’Autoroute A57 sur la commune de Pignans, l’autre sur l’Autoroute A8 sur la commune de Brignoles. Ces ouvrages, opérationnels depuis le 1er trimestre 2013, sont spécifiques et exclusifs pour la microfaune, la moyenne faune et la grande faune. Ils ont été équipés d’habitats (andains, souches,…) et de dispositifs anti-véhicules motorisés pour garantir la fonctionnalité écologique des deux éco-ponts. Ce dispositif anti-véhicule a fait l’objet d’un brevet de dépôt auprès de l’INPI au regard de son caractère innovant.

« Sensibilisation/Communication »

Lauréat : projet « L’engagement d’Eurovia pour la biodiversité » porté par la société EUROVIA, en partenariat avec le Muséum national d’histoire naturelle

Explications : La société Eurovia s’est engagée en 2012 dans un plan d’action d’entreprise organisé autour de 5 objectifs : améliorer les connaissances et de l’expertise, mise en place d’une démarche scientifique (évaluer la sensibilité des opérations, leurs impacts et améliorer les mesures), établir des suivis scientifiques sur des sites pilotes, former les collaborateurs et améliorer l’acceptabilité des projets. Le Muséum National d’Histoire Naturelle accompagne Eurovia dans cette démarche et sur la durée de l’engagement : un chargé de mission du Muséum travaille à temps plein sur ce projet avec une mission d’AMO (accompagnement, expertise, conseil) et la mise en œuvre de projets scientifiques pour faire progresser la connaissance.

« Gestion et entretien des infrastructures »

Lauréat : projet « Enrobé Avertisseur sonore en Camargue : quand la route intègre la problématique chauves-souris » porté par le Conseil général des Bouches-du-Rhône, en partenariat avec le Groupe Chiroptères de Provence

Explications : Le département a développé un dispositif d’avertisseur sonore limitant les collisions entre les chauves-souris et les véhicules. La direction des routes a testé l’efficacité de différents revêtements routiers agissant comme avertisseur sonore pour éloigner les chiroptères. Parmi les six revêtements testés, l’enrobé BBT-MO6 a été installé sur 20 mètres de large aux extrémités de la zone de traversée identifiée (pose intégrée à l’opération de rénovation programmée de la chaussée). L’enrobé, lors du passage d’un véhicule, émet ainsi des signaux sonores de forte intensité en fréquence basse, perceptibles par les chiroptères, mais inaudibles pour l’automobiliste et le riverain, les avertissant de l’arrivée des véhicules.

« Projets mettant en œuvre le génie écologique »

Lauréat : projet « Vélo-route Voie  Verte ViaRhôna (VVV) – Du Léman à la Méditerranée » porté par le Conseil général de la Drôme/Direction des déplacements

Explications : La VVV ViaRhôna traverse la Drôme sur 67 km en rive gauche du Rhône. Une section particulière (6,2 km) franchit un espace naturel exceptionnel. L’enjeu pour le département a été de trouver l’itinéraire le moins impactant tout en offrant aux cyclistes une occasion de découvrir des zones à forte valeur écologique, sans allongement de parcours et sans induire d’importantes emprises. La solution retenue constitue un projet d’aménagement exemplaire : un tracé court qui évite l’habitat du castor et les roselières, et propose des écrans d’occultation en bois camouflant les cyclistes de l’avifaune, une falaise pour les guêpiers, des îlots pour les sternes, des gîtes pour les chauves-souris. Des panneaux explicatifs présentent la richesse des espaces traversés à des fins de préservation et sensibilisation. Malgré la forte fréquentation de la VVV (250 à 1000 cyclistes par jour), les deux premières années de suivi indiquent une stabilité des espèces et une cohabitation satisfaisante.

Prix spécial du jury

Lauréat : projet « Enquête Faune et route » porté par l’association PICARDIE NATURE

Explications : Après avoir développé avec le département de l’Aisne, en 2011, une enquête « Les amphibiens sur les routes de Picardie » à destination des agents de la voirie, l’association Picardie Nature a souhaité moderniser l’outil et l’étendre à l’ensemble des groupes taxonomiques et à toute la région Picarde. Elle a ainsi développé un outil informatique en ligne (« Faune et Route »), accompagné d’une base de données (Clicnat). Le site permet à tout utilisateur de saisir des données d’observations sur la mortalité routière et d’en donner une vision régionale. Un formulaire d’enquête, accessible à tous est mis en ligne et donne des informations précises sur les espèces les plus impactées par les collisions et les sections les plus accidentogènes. Les axes de déplacements de la faune sont communiqués aux Conseils Généraux afin de signaler ces sections. L’enquête permet d’élaborer un plan d’action « Amphibiens et routes » avec pour objectif d’envisager des moyens de protection (barrage temporaire, crapauduc, mare de substitution, signalétique, fermeture de section routière). En moins d’un an, 71 observateurs alimentent le site, 830 000 données collectées permettent d’élaborer une première carte de répartition des collisions par groupes fauniques.

 

Retrouvez les 7 projets récompensés en détail en cliquant ici. 

 

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